lev yachine Araignée au plafond


  Age : 26 Inscrit le : 30 Juil 2004 Messages : 15325 Lieu de résidence : rue des petits acolytes Feuille de personnage personnage: empereur Expérience:
   (10/10)
| Sujet: Pour JJJ, Zoran... Mer 6 Sep - 9:11 | |
| mercredi 6 septembre 2006
Ligue 1 : Vulic : « On ne joue plus à la nantaise »
Tout réussit à l'ancien défenseur croate du FC Nantes (1991-1993) à la tête d'une école de football à Split et brillant leader du championnat avec l'Hajduk.
Pourquoi avez-vous créé votre propre école de football ?En 2005, j'ai claqué la porte à trois matches de la fin alors que le titre nous tendait les bras. Nous occupions la tête mais Hajduk était accusé jusqu'en son coeur de ne pas pratiquer suffisamment de jeu. Je leur ai dit : Messieurs, j'ai fait mon boulot, je vous tire ma révérence. J'ai alors décidé de revenir à mes premiers amours, les jeunes - en club et en sélection, j'ai entraîné toutes les catégories d'âge - en louant à deux pas des terrains appartenant à un petit club de la ville afin qu'ils puissent travailler leur technique : frappe de l'intérieur du pied, contrôle, uniquement du travail individuel. Ici, tout le monde est le bienvenu. De sept à trente ans. Les clubs ont fermé les yeux. Ils ont bien compris que mon intention n'était pas de leur piquer leurs joueurs. Aujourd'hui, j'ai même des pros qui viennent en cachette ! Je ne fais pas cela pour de l'argent mais rendre à ma ville et à mon sport. N'oubliez pas que nous avons été frappés par la guerre, que beaucoup de gens sont pauvres. C'est de ces quartiers que sortent les meilleurs footballeurs. Le jeune qui dispose de quatre croissants et d'un grand bol de café au petit-déjeuner n'a jamais fait un grand pro...« Je n'ai jamais mangé de ce pain-là »Vous auriez pu vous contenter de cette école mais vous avez choisi de revenir entraîner Hajduk ?Par amour du club et du maillot. Je suis un enfant de Split. Je l'ai laissé aux portes d'un titre, je l'ai retrouvé menacé de play-ground, devancé d'une bonne trentaine de points par le Dinamo Zagreb. Les stars se barraient, les meilleurs jeunes en faisaient de même, seuls les mauvais restaient. Pour l'instant, ce retour se déroule remarquablement bien : cinq matches, cinq victoires.On se souvient de Vulic le défenseur malicieux pour ne pas dire vicieux. Qui est l'entraîneur d'Hajduk ?Si le foot accorde une place prépondérante au physique, j'aime à répéter qu'on ne doit jamais oublier qu'il se joue toujours avec le pied... Trois coaches ont marqué mon éducation : Mladinic, ancien sélectionneur de la Yougoslavie, l'homme qui a fait notre génération, le père de notre école de football. Ivica Osim et enfin Coco Suaudeau, la référence française. Je pense avoir pris des trois, pour apparaître comme un entraîneur rigoureux et ouvert. Cela peut paraître paradoxal mais je n'ai jamais eu le moindre conflit avec un joueur. Cela ne m'a pas empêché d'exiger aux retardataires, le jour de notre départ en stage d'avant saison, de nous suivre avec leur voiture personnelle jusqu'en Slovénie... Le principal est d'être juste, droit comme un I.Vous n'avez jamais été intéressé par une expérience à l'étranger ?Répondre par la négative serait mentir. Seulement les seuls clubs qu'y m'ont approché étaient grecs, turcs, allemands ou qatari. L'argent n'est pas ma première motivation. Durant ma carrière, j'ai porté trois maillots : Hadjuk, Nantes et Majorque. Dans les trois, j'ai d'ailleurs eu le brassard de capitaine, je crois que cela a un sens. Seules La France et l'Espagne pourraient donc m'attirer. Et davantage le FCN que Paris ou Marseille. Je suis attristé par leurs résultats mais aussi de constater qu'on ne joue plus à la nantaise, tout comme d'ailleurs à la Bordelaise ou à l'auxerroise. Déçu aussi de constater qu'une ville de cette taille ne puisse pas découvrir davantage de jeunes talents. Mon histoire avec Nantes est seulement entachée par cette histoire de match vendu face à l'OM, mai je n'ai jamais mangé de ce pain-là. |
|